L’utopie en héritage

L'utopie en héritage

Dès les premières pages, les caractéristiques et les spécificités du Familistère de Guise sont mises en évidence. Il s’agit d’envisager cette structure et de s’aventurer dans la pensée de Godin qui cherchait une réponse à la « question sociale ». L’utopie en héritage nous présente une aventure largement inédite et pleine de rebondissements.

Présentation du livre

L’utopie en héritage ; Le temps du deuil (1888 -1914)

Bien-être ouvrier, coopération et productivité, voilà le leitmotiv présent dès les premiers chapitres. En effet, il s’agit de penser collectif et prospérité économique. C’est pourquoi le but est de favoriser le confort des ouvriers. In fine, ce fut une nécessité pour le fondateur. C’est pour cela que le système salarial tel que l’envisageait Godin relève d’une modernité remarquable. On peut, en outre, rapprocher ce modèle d’organisation du travail de l’école des relations humaines. Celle-ci place l’homme au centre de l’organisation. Voilà l’individu reconnu et valorisé en tant qu’être social au sein d’un collectif. Nous retrouvons, notamment, certaines similitudes comme les espaces de socialisation au sein de l’Association.   

L'utopie en héritage
La Fête de l'enfance du Familistère de Guise
La calsse de Mme Lobjeois à l'école du Familistère de Guise

Ses convictions sont d’autant plus actuelles qu’elles font écho aux entreprises américaines telles que Googleplex qui aménage des lieux de vie pour ses travailleurs et leur famille.

L’utopie en héritage
Salle de jeux pour les employés de Google
L'utopie en héritage
Le jeu de boules au nord du pavillon central du Familistère de Guise du

L’organisation d’un tel environnement n’a pourtant pas permis au Familistère d’échapper aux faiblesses qui s’imposent au cours des années d’après-guerre. 

L’utopie en héritage ; D’une guerre à l’autre, un héritage à reconstruire (1914-1938)

Revenir au système d’avant-guerre ou se moderniser ? Les successeurs de Godin choisissent la première option.

L'utopie en héritage
L'atelier de moulage mécanique dévasté et privé de ses machines après la première guerre

En effet, cette reconstruction à « l’identique » permet de retrouver une certaine prospérité économique. Finalement, ce succès se révèle illusoire. Pour cause, son absence d’investissement et d’autofinancement ne permet pas un développement économique suffisant. Ce choix empêche aussi de perpétuer avec sérénité les engagements de Godin. Pour finir, la situation est révélatrice du dilemme imposé aux ouvriers et à la gérance du Familistère. Ainsi deux logiques s’opposent : soit la société innove ou elle campe sur ses positions. 

En conséquence, un tel immobilisme provoque, après la guerre, des problèmes de trésorerie et de vieillissement des appareils de production. Ajoutons aussi le ralentissement de l’activité… Tout cela s’aggrave encore avec la crise de 1929. Parallèlement, l’inquiétude grandissante concernant les avantages sociaux se fait ressentir.

Godin

L’utopie en héritage. Le familistère de Guise 1888-1968 : Évoluer pour survivre (1938 -1968)

Vers 1939 les tensions s’apaisent, car le contexte est favorable à une reprise économique pour la Société. Mais la menace de la guerre conduit les familistériens à anticiper les productions. 

Brochure publicitaire vers 1960

Heureusement une période de modernisation suit la guerre. La réorganisation du travail, de nouvelles machines participent de cet élan. De même on renouvelle le système des salaires.

Toutefois, la croissance économique en hausse jusqu’en 1964 ne suffit pas face à la concurrence internationale. En outre, la libre concurrence s’accentuera d’année en année, et particulièrement dans le cadre de l’Union Européenne.

Finalement, en 1966, l’Association est dissoute par vote de l’assemblée générale. Voici l’llustration d’un « sacrifice consenti par les salariés dans l’espoir de sauver le plus important, c’est-à-dire leur usine et leurs emplois ». Mais la fin d’une époque est prononcée officiellement en 1968, date à laquelle « l’Association fraternelle du capital et du travail du Familistère de Guise devient la société anonyme Godin ».

Conclusion

Un livre riche sur une aventure très largement méconnue ! Au-delà de l’histoire, cette étude nous invite à repenser notre industrie et nos politiques sociales. Godin n’a pas tout réussi mais les pistes lancées restent inspirantes.

L’utopie en héritage : le livre et l’auteur

Le livre 

La Société du Familistère de Guise est une entreprise à l’histoire riche et complexe. La raconter, c’est évoquer la célébrité des poêles Godin qu’elle produit et qui ont marqué le quotidien de plusieurs générations. Mais c’est aussi faire le récit d’une aventure humaine, celle de ces ouvriers qui, à la mort de leur patron, reçurent en héritage la propriété de cette coopérative et la responsabilité de la faire survivre, faisant mentir ceux qui n’y voyaient qu’une utopie irréaliste et sans avenir. Lire la suite

L’auteur

Jessica Dos Santos, agrégée d’histoire, est chercheuse associé au laboratoire IRHiS (Université Lille 3). Son doctorat d’histoire contemporaine, dont est tiré cet ouvrage, a été plusieurs fois primé par des jurys scientifiques : elle a ainsi reçu le Prix d’Histoire François Bourdon « Techniques, entreprises et sociétés industrielles », le Prix de l’ADDES (Association pour le développement de la documentation sur l’économie sociale) et le Prix Crédit Agricole d’histoire des entreprises. Lire plus

Pour aller plus loin

Le familistère aujourd’hui

Le syndicat mixte du Familistère Godin est le propriétaire et l’administrateur du Familistère. Cette collectivité publique a été créée le 17 novembre 2000 par le Département de l’Aisne et la Ville de Guise pour conduire le programme de valorisation du Familistère. Le 1er avril 2006, le syndicat mixte a créé une régie de service public industriel et commercial, la Régie du Familistère, chargée de gérer l’accueil du public et les services associés. Lire plus

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