Rencontre avec Samuel Leturcq, directeur des PUFR

Rencontre avec Samuel Leturcq, directeur des PUFR

Les Presses Universitaires François-Rabelais font, désormais, partie des éditions qui comptent. Depuis 2002, année de leur création, elles ont su, peu à peu, trouver leur place et, même, se rendre de plus en plus visibles. Avec près de 300 titres disponibles au catalogue, 14 collections et plus de 90 000 exemplaires vendus, les PUFR sont bien installées dans le paysage de l’édition. Nous vous invitons ainsi à les découvrir un peu plus en allant à la rencontre de Samuel Leturcq, directeur des PUFR depuis 2008. Voici l’occasion de comprendre un peu mieux cette belle réussite !

L’entretien avec Samuel Leturcq

Petite présentation de Samuel Leturcq

Rencontre avec Samuel Leturcq

Cette rencontre avec Samuel Leturcq nous a permis de découvrir l’éditeur. Mais le directeur des PUFR est aussi un universitaire c’est-à-dire un enseignant et un chercheur. Ainsi, il est maître de conférences en Histoire du Moyen Âge à l’université de Tours. Il est notamment spécialiste de l’histoire économique et sociale des campagnes de l’Occident médiéval entre le XIIe et le XVIe siècle. Sa thèse, dirigée par Monique Bourrin, portait sur la microhistoire d’un territoire d’openfield en Beauce de Suger aux temps modernes. Il a, par ailleurs, publié en 2004, aux éditions Armand Colin, La vie rurale en France au Moyen Âge.

Il travaille aujourd’hui, plus particulièrement, sur les cultures matérielles de la paysannerie médiévale. L’histoire des paysages et la construction des territoires paysans sont aussi dans ses thèmes de recherches actuels. Il se penche, enfin, sur la viticulture. Il a été, en outre, directeur du projet régional VitiTerroir de 2014 à 2016.

Les prochains titres ou les nouveautés de chacune des 14 collections : Civilisations étrangères, CM, Iconotextes, etc.

Les crises (non) épileptiques

Les crises (non) épileptiques

Traiter les crises (non) épileptiques est aujourd’hui une nécessité. En effet, les personnes saisies par ce type de crises sont très souvent mal diagnostiquées. Très largement gênés dans leur scolarité, leur travail, leur famille, les malades souffrent d’isolement, d’incompréhension et de multiples autres maux.  Traiter les crises (non) épileptiques propose, en conséquence, une analyse fine et une thérapie réellement efficace. 

Les crises (non) épileptiques
L’examen de l’activité cérébrale différencie l’épilepsie des CNEP.

Traiter les crises (non) épileptiques : le livre en quelques mots

Traiter les crises (non) épileptiques : des inconnues vraiment ?

Les crises non épileptiques (CNE dans le jargon) sont des troubles somatoformes très fréquents. Elles sont, d’ailleurs, très anciennes puisque la littérature médicale l’évoque depuis plusieurs centaines d’années. En effet, elles touchent autant de patients que la maladie de Parkinson. Les CNE induisent, chez le patient, un sentiment d’abandon, de dépendance, de marginalisation. Les personnes sont aussi atteintes par une impression d’échecs répétés.

Or, un certain nombre de raisons expliquent que les patients sont souvent sous-diagnostiqués. En conséquence, le traitement requiert une prise en charge pluridisciplinaire et neuropsychiatrique. Ainsi, cela permet une meilleure compréhension et acceptation du diagnostic. De plus, cela peut aider le patient à « reprendre le contrôle sur ses crises » et à bien « traiter les comorbidités ».

Traiter les crises (non) épileptiques : parcours d’obstacles

Pourtant ces patients rencontrent aujourd’hui de vraies difficultés de prise en charge pour plusieurs raisons. D’abord parce que peu de thérapeutes sont familiarisés avec les CNE. Ensuite, il n’existait pas, à ce jour, de méthodes thérapeutiques validées et diffusées.

Au contraire, ce Guide du thérapeute a été validé et son efficacité démontrée. En effet, la méthode composée de dix leçons est issue des thérapies cognitivo-comportementales. Effectivement, elles sont issues de l’expérience clinique des auteurs et de leurs recherches relatives au traitement.

De son côté, le patient a également son Guide comme support. Celui-ci a été initialement publié pour l’épilepsie puis entièrement adapté par le Dr LaFrance. Toutefois, sans l’acceptation du diagnostic par le patient, on peut dire que le traitement est moins efficace.

Le Guide se conçoit encore comme un outil qui abat des murs en favorisant la communication. Par conséquent, il s’agit de (re)nouer le dialogue entre les soignants, les patients et les membres de la famille.

Entre autres écueils, on peut citer des troubles sévères de la personnalité, des capacités cognitives limitées, des dépendances, etc. ou encore l’existence de psychoses ou d’anxiété élevée. Néanmoins, ces difficultés ne sont pas rédhibitoires. Ajoutons, de plus, que l’âge ne joue en rien en vue d’une guérison efficace.

Enfin, le sentiment est grand pour les patients d’une perte complète de maîtrise de soi. On peut donc affirmer que l’objectif est de (re)prendre le contrôle de ses crises et de sa vie. Le concept de « prise de contrôle » s’avère donc ici fondamental. Dans ces conditions, l’essentiel pour le patient est de remplir le guide et de s’exercer dans la vie quotidienne.

Traiter les crises (non) épileptiques : pour une bonne prise en charge

Le Guide du patient comprend, pour chaque étape thérapeutique, une « leçon » consignée dans un chapitre dédié. En outre, les recommandations qui y sont formulées permettent peu à peu une « prise de contrôle ». Mais pour que cela soit efficace, le patient doit l’utiliser hebdomadairement avec la leçon et les exercices correspondants. Ensuite, le résultat est revu à l’occasion d’un rendez-vous programmé avec le clinicien qui utilisera alors le Guide du thérapeute pour commenter les leçons.

Il existe ainsi 12 sessions distinctes conduites de façon séparée. Le traitement est conçu autour de sessions hebdomadaires réunissant le thérapeute et le patient, à l’issue de chaque session le patient reçoit de nouvelles lectures et de nouveaux exercices.

Il faut, bien sûr, avant de commencer, que le diagnostic ait été posé. Dans ces conditions, une enquête anamnestique neurologique et psychiatrique exhaustive a été réalisée. En outre, s’ajoutent un examen clinique neurologique et une évaluation psychiatrique. Par ailleurs, une vidéo EEG doit conforter l’examen. Par ailleurs, toutes vidéos, y compris venant des proches, seront précieuses pour poser le diagnostic.

Traiter les crises (non) épileptiques : Le livre et l’auteur

Le livre

Les crises (non) épileptiques

Les crises (non) épileptiques sont la troisième cause de malaise sans perte de connaissance. De plus, elle représente jusqu’à 30 % des consultations spécialisées pour crises résistantes aux traitements antiépileptiques. Voici donc une pathologie fréquente. Pourtant, elle est mal connue du corps médical. Ainsi des patients ne sont pas pris en charge face à leur handicap.
Voici donc une méthode thérapeutique structurée. Elle a notamment inspiré des thérapies cognitivo-comportementales. En outre, elle a démontré une efficacité sur la fréquence des crises, la qualité de vie et les symptômes associés. Lire la suite

Les auteurs

Les crises (non) épileptiques

Jeffrey P. Wincze travaille actuellement dans l’équipe de psychologues du Rhode Island Hospital. Il est, par ailleurs,  professeur assistant clinicien en psychiatrie et en comportement humain à l’université de Brown.

W. Curt LaFrance, Jr. dirige la neuropsychiatrie et la neurologie comportementale au Rhode Island Hospital. Il est aussi professeur assistant de psychiatrie et de neurologie à l’Alpert Medical School à l’université de Brown.

Wissam El-Hage est professeur de Psychiatrie Adulte. Il est, en outre, Directeur du CIC1415 Centre d’Investigation Clinique, Co-Directeur de l’équipe « Psychiatrie Neurofonctionnelle » de l’unité INSERM iBrain U1253. En savoir plus

Les crises (non) épileptiques

Coraline Hingray est médecin psychiatre. Elle est aussi Praticien Hospitalier en Neurologie au CHRU de Nancy, et dans le service de psychiatrie du Centre Psychothérapeutique de Nancy (CPN), Laxou, France. En savoir plus

Traiter les crises (non) épileptiques : Pour aller plus loin

Le journal « Le Dauphiné libéré » dans un article bien documenté présente les fameuses crises (non) épileptiques.

Un regard fixe, des convulsions, parfois des pertes de connaissance : plus de 150 000 personnes en France souffrent de crises qui ressemblent en tout point à l’épilepsie mais sans en être, un trouble peu connu que des méthodes de psychothérapie tentent aujourd’hui de soulager. L’intégralité de l’article  

Un colloque « épilepsie et émotions » a été organisé en février 2019

Les crises (non) épileptiques

Il existe aujourd’hui un déficit de prise en charge médicale pour allier la neurologie et la psychiatrie
dans la prise en charge de l’épilepsie. Les épileptologues et les psychiatres ont besoin de travailler main dans la main pour soulager les personnes qui souffrent d’épilepsie mais aussi de Crises Non Épileptiques Psychogènes (CNEP). Retrouvez l’ensemble du colloque

Céline Comix

«Le héros métaphysique de Céline est ce petit homme toujours en route, entre Chaplin et Kafka mais plus coriace qu'eux, perplexe, rusé, perdu, ahuri, agressé de partout, bien réveillé quand même, vérifiant sans cesse l'absurdité, la bêtise, la méchanceté universelles dans un monde de cauchemar terrible et drôle. Céline lui-même a comparé son style aux bandes dessinées, aux "comics". C'était pour dire qu'il allait toujours au vif du sujet, au nerf de la moindre aventure. Ce Tardi-Céline l'aurait ravi. (...)"
Philippe Sollers

 Céline comix : petit synopsis

Cet « album », Céline Comix, se déroule sous le regard de Bastien Bertine, le narrateur, qui se met en scène. Il revêt donc tour à tour différents avatars toujours reconnaissables par les objets (pipes…), vêtements (chapeau melon…) ou personnages (Sherlock Holmes, Freud). Empruntant aussi ses traits de dessins d’Hergé à Tardi, l’auteur nous plonge dans un univers bd. Mais ce faisant, il déroule méthodiquement et rigoureusement sa démonstration. L’auteur atteste en conséquence du rôle joué par les dessins dans l’écriture de Céline. Il montre, en outre, l’intrusion de Céline dans la manière de dessiner de beaucoup d’auteurs. Il révèle, par ailleurs, les connexions qui se font autour du langage. Mais aussi la nécessité impérieuse d’intégrer, par exemple, l’art célinien de l’ellipse dans la bd. Au final, l’auteur se penche sur les adaptations de Tardi, Larcenet ou celles moins réussies de Brizzi-Malavoy, et Dufaux-Terpant.

Céline comix : sa place dans l’édition et la recherche

L’approche de Bastien Bertine est unique parmi les multiples études de l’œuvre de Céline. Céline Comix est une entreprise originale et unique par sa forme. En effet, le choix ici de la narration graphique pour appréhender les rapports de Céline et du dessin n’allait pas de soi. D’ailleurs, on s’est plus intéressé au rapport de Céline et du cinéma. Il était donc bienvenu d’aborder ce sujet après le travail de Tardi et Larcenet. Forme et fond se rejoignent ici dans cette entreprise qui se révèle unique !

Le livre

Céline comix

Lorsque l’on évoque l’œuvre de Louis-Ferdinand Céline et la bande dessinée, on songe immédiatement à Tardi et à son adaptation du Voyage au bout de la nuit. Pourtant au-delà même de l’adaptation de ses textes, Céline a, par sa narration, son usage de la typographie, sa langue, inspiré de nombreux auteurs de bandes dessinées, tandis que lui-même était lecteur de bandes dessinées. Lire toute la présentation de l’éditeur

L’auteur

Céline comix

Bastien Bertine est auteur et illustrateur de bandes dessinées diplômé de l’École Européenne Supérieure de l’Image (Angoulême). Assistant de Jessica Abel pour l’album Out on the Wire, il a publié en février 2020 la bande dessinée Bienvenue à l’usine (éditions Vide Cocagne). Découvrir le site de Bastien Bertine

La pépite : Tardi rencontre Céline (archive de l’INA)

Incendie de Notre-Dame : histoire de charpentes

Incendie de Notre-Dame : histoire de charpentes

L’incendie de Notre-Dame en 2019 a mis en lumière l’actualité et les passions que pouvait susciter notre patrimoine. Les échanges, parfois tendus, se sont notamment focalisés autour de la question du coût exorbitant ou non, de la reconstruction de la charpente. L’incendie de Notre-Dame : histoire de charpentes pourrait-on affirmer, car se pose maintenant la question de la reconstruction. L’étude menée sur La charpente de la cathédrale de Bourges par le spécialiste qu’est Frédéric Épaud nous en dit long sur les idées reçues, fausses informations, etc.

Incendie de Notre-Dame : histoire de charpentes

Incendie de Notre-Dame : histoire de charpentes. Présentation d’un livre.

Incendie de Notre-Dame : histoire de charpentes

La charpente de la cathédrale de Bourges : mise en perspective

Le gigantesque ouvrage de bois qui coiffe la cathédrale n’a jamais été encore étudié de manière approfondie. Or, le vaste chantier de restauration de 2010 à 2014 a fourni de nombreuses informations précieuses.

Plusieurs campagnes de construction ont été nécessaires. La première débute au XIe probablement sous l’archevêque Gauzlin. Puis une seconde phase, engagée vers 1160, ajoute des ailes latérales avec des murs orientaux. Selon R. Branner, le premier maître d’œuvre de la cathédrale gothique établit un plan vers 1195. Toujours, selon Branner, confirmé par J.- Y. Hugoniot, deux phases successives (1195-1214 et 1216-1255) de construction sont repérables. Finalement, l’achèvement de la nef permet la mise en place de la charpente du vaisseau central vers 1256 puis de celle du chœur en 1257.

Il n’est pas inutile de rappeler les difficultés financières de ce projet. Car ni le roi de France ni de grands seigneurs berrichons ne le soutiennent. Par la suite, d’autres chantiers affectèrent la cathédrale du XIVe au XIXe siècle que ce soit des améliorations de la construction ou de la restauration.

La grande charpente du vaisseau central de 101 m de long se divise en plusieurs parties d’époques différentes. On y ajouta ensuite celle de la nef et d’un faux-transept. Mais jusqu’au XIXe siècle, la charpente ne subit aucune réfection. L’origine de l’entreprise ne fut qu’esthétique, tandis qu’au XXe siècle une vaste reprise structurelle sur le grand vaisseau fut effectuée entre 2010 et 2014.

Quatre campagnes d’analyses dendrochronologiques ont été réalisées entre 1998 et 2014.

La charpente de la cathédrale de Bourges : Le bois d’œuvre

17 saisons d’abatage sur 25 ans ont été nécessaires pour la nef. Ces bois ont ensuite été stockés en forêt à l’abri de la chaleur et du soleil donc probablement dans une vallée humide. Ils ont été entreposés à l’état de grumes avant d’être équarris pour la pose. En outre, il est très probable que le bois ait subi un fumage maîtrisé même si aucun texte médiéval ou moderne ne le mentionne.

Au final, la charpente de la nef est mise en œuvre en 1256, celle du chœur en 1257 puis la patrie centrale est remaniée en 1263 et finalement reprise en 1747. L’analyse permet, pour chaque type de bois (chevron, entrait, poinçon) de distinguer l’âge et le diamètre des arbres utilisés. Ainsi les entrains du chœur ont été taillés dans des arbres, en moyenne, de 15 m de long, de 43 cm de diamètre et âgés de 125 ans. 

Au total, ce sont 925 chênes minimum qui ont été utilisés avec une majorité de grumes (plus de 94 %) de 14 m de long et de 23-28 cm de diamètre. Ce chiffre ne correspond pas, bien sûr, aux chênes abattus, car il y a toujours des pertes. Le chantier expérimental de Guédelon a montré qu’elles s’élèvent à environ 26 %. En conséquence, la quantité de bois nécessaire correspond à environ 3 ha de forêt ce qui montre que les cathédrales n’ont pas détruit les forêts médiévales.

Il est très probable que le bois soit issu de la forêt de Saint-Palais (Cher). Il s’agit de chênes sessiles au peuplement dense ce qui réduit le houppier et les branchages. En outre, il faut noter que le type de bois utilisé dépend aussi du mode d’exploitation. Ainsi pour notre période, le faire valoir direct par un seigneur correspond aux besoins.

Incendie de Notre-Dame : histoire de charpentes
Incendie de Notre-Dame : histoire de charpentes

La charpente de la cathédrale de Bourges : structure 

Les charpentes du XIIIe siècle ont, en général, la même structure. En particulier sur la nef et le chœur, les fermes se répartissent par travées avec une ferme principale. Celle-ci est constituée d’un entrain et d’un poinçon. Puis une courte série de fermes secondaires s’ajoute. On retrouve à Bourges une régularité des travées qui suppose un dessin originel. Cependant on constate une indépendance de la charpente et des supports maçonnés. Cette réalité s’explique par la grande longueur des trames maçonnées. Ainsi le poids de la charpente (200 tonnes environ après séchage) est supportable par l’ouvrage. Un dispositif assure le contreventement de la charpente grâce à des liernes hautes et des croisées d’écharpes. Cela permet aussi de soulager les fermes secondaires. Cet ensemble assez complexe ne se rencontre pas ailleurs. Toutefois, il est probable que cette méthode est à l’origine de la déformation de la charpente.

Les indices du chantier

Les structures de charpente sont en général conçues sur un vaste plancher provisoire où l’épure est tracée au noir de charbon ou bien représentée par des fils tendus. Mais ici les charpentiers se sont aussi servis d’une ferme principale déjà constituée. En effet, des traces de cupules matérialisent ce procédé.

Chaque pièce de la ferme est marquée après l’assemblage. Ces repères précis pour le remontage sont donc formalisés. Ainsi on trouve des chiffres romains et des contremarques en séries identiques. D’autre part, la répartition similaire au sein des fermes confirme que ces deux charpentes ont été exécutées par les mêmes équipes.

La question du levage, enfin, ne peut être résolue par des grues ou des engins de ce type. C’est pourquoi la solution la plus adaptée est la mise en place d’un plancher sur les sablières et en appui sur l’échafaudage. On peut ainsi supposer que le plancher devait avoir une longueur de plusieurs travées pour ensuite le démonter et le déplacer.

Le temps de travail nécessaire pour la charpente dépend des phases : équarrissage, montage… L’exécution de la charpente de la nef pourrait représenter trois mois de travail pour dix charpentiers. Ainsi de bout en bout, la charpente de la nef pouvait prendre dix mois de travail pour dix à vingt hommes. Et, sans doute, 9 mois pour le chœur.

Incendie de Notre-Dame : histoire de charpentes
Incendie de Notre-Dame : histoire de charpentes

Le beffroi de la tour occidentale sud

Les maçonneries de la nef et des deux tours occidentales furent construites ensemble. Branner date le début du chantier vers 1225 et la fin entre 1256 et 1270. L’étude des beffrois médiévaux reste à faire en France. On trouve ici la même équipe de charpentiers que pour le vaisseau central. Les bois sont aussi issus de la même forêt. Les comparaisons sont difficiles à établir avec d’autres beffrois, car très peu sont connus.

Pour terminer

La lecture d’un tel ouvrage ne cesse de surprendre le lecteur. Celui-ci se trouve, régulièrement, dépossédé de toutes certitudes. On découvre ainsi la célérité de la réalisation de la charpente du grand vaisseau. Mais on est aussi saisi par la qualité de l’ensemble du travail qui permet à ce navire amiral de 100 m de long de culminer à près de 40 m depuis huit siècles. Enfin, le lecteur est déconcerté par le remarquable travail que l’étude fournit sur le bois. Frédéric Épaud nous fait tout découvrir de la gestion des forêts médiévales (enclos, coupe à blanc), de la capacité de stocker des bois, sans altération, pendant 25 ans, etc.

Disons-le, sans détour, ce livre est un régal et une aventure dans un monde qui nous est devenu complètement étranger : nos forêts et l’art du bois !

Incendie de Notre-Dame : histoire de charpentes au travers d’un livre et de son auteur.

Le livre

Frédéric Épaud est chargé de recherche au CNRS au sein du Laboratoire archéologie et territoires (LAT) de l'UMR CITERES de Tours. Docteur en archéologie, ses travaux portent plus particulièrement sur lévolution des charpentes romanes et gothiques, le bois d'œuvre en charpenterie, la sylviculture et la forêt au Moyen Âge, ainsi que sur larchitecture carolingienne en bois à travers larchéologie expérimentale et l'ethnoarchéologie.
Les grandes charpentes gothiques de la cathédrale de Bourges, par leur dimension et leur complexité structurelle, constituaient un défi technique majeur pour les charpentiers du XIIIe siècle. Leur étude archéologique aborde les questions de l’approvisionnement en bois d’œuvre, des arbres et des forêts exploitées, mais aussi des techniques de mise en œuvre, d’assemblage et de levage.  Lire plus

L’auteur

Frédéric Épaud est chargé de recherche au CNRS au sein du Laboratoire archéologie et territoires (LAT) de l'UMR CITERES de Tours. Docteur en archéologie, ses travaux portent plus particulièrement sur lévolution des charpentes romanes et gothiques, le bois d'œuvre en charpenterie, la sylviculture et la forêt au Moyen Âge, ainsi que sur larchitecture carolingienne en bois à travers larchéologie expérimentale et l'ethnoarchéologie.
Frédéric Épaud est docteur en archéologie. Il est, par ailleurs, chargé de recherche au CNRS au sein du Laboratoire archéologie et territoires de Tours. Il est, particulièrement, spécialisé dans l’évolution des charpentes romanes et gothiques, le bois d’œuvre en charpenterie, la sylviculture et la forêt au Moyen Âge. Lire plus

Incendie de Notre-Dame : histoire de charpentes. Pour aller plus loin

Résonnances médiatiques avec France Culture dans l’émission « Matière à penser » de Patrick Boucheron

Pour « sortir des idées reçues », Patrick Boucheron reçoit Frédéric Épaud. L’échange passionnant entre les deux historiens permet de poser les fondamentaux de l’histoire de la charpente ; de la forêt au chantier. 

Résonnances médiatiques avec CNRS, le jounal

Les bois de charpente qui ont servi à Notre-Dame avaient environ 60 ans d’âge et mesuraient 12 m de long. Nous sommes loin des soi-disant chênes multiséculaires. Par ailleurs la charpente de la cathédrale de Bourges, comme l’indique l’étude parue aux PUFR en 2017 a nécessité 1200 arbres ce qui représente 3 ha de bois. On est donc encore loin de la légende qui veut qu’on ait détruit, au XIIIe siècle, des forêts entières pour construire les cathédrales gothiques. Pour en savoir plus sur ces charpentes Retrouvez ici l’ensemble de l’article

Guédelon : un chantier médieval de référence